Groupe de travail "géothermie profonde"
L’ALE anime un groupe de travail afin d’exploiter rationnellement la ressource géothermique du territoire.
Identifié depuis plusieurs années, le potentiel d’énergie thermique de la géothermie profonde avait amené, dans les années 80, à forer huit puits sur le territoire de la CUB et quelques autres sur le département. D’une profondeur de 1000 mètres en moyenne, ils délivrent une eau qui avoisine les 50°C. Compte tenu de l’évolution de la réglementation et des recommandations du SAGE « nappes profondes » pour préserver la ressource en eau de notre région, ces puits pourraient être fermés d’ici 2013, nous privant d’une ressource thermique facilement exploitable.
Alertée de la situation par le Smegreg, qui veille à la préservation de la ressource en eau du Département, l’Ale a réuni une vingtaine de partenaires concernés par la problématique parmi ses adhérents ainsi que quelques parties prenantes essentielles.
Le groupe de travail ainsi constitué s’est alors donné plusieurs objectifs pour éviter la fermeture de ces puits.
L’eau géothermale, après valorisation thermique, doit faire l’objet d’une valorisation « secondaire ». Il faut donc faire l’inventaire des solutions pour chaque usage (industriel, arrosage et lavage municipaux, réinjection dans les nappes, éventuellement l’alimentation en eau potable,…), rechercher les aides financières possibles puis assister les maîtres d’ouvrage au lancement des études et pendant le suivi des opérations.
La température de l’eau de rejet doit être abaissée, à la fois pour des raisons sanitaires (prolifération de la légionelle) et pour rationaliser l’utilisation énergétique. La température moyenne actuelle des rejets à l’égout est de 35°. On pourrait passer de 1 300 tep/an fournis par la géothermie sur la CUB à 14 000 tep. En ayant recours aux meilleures technologies disponibles comme des pompes à chaleur à hautes performances, l’eau serait rejetée à 9°C au lieu de 35 °C, la différence étant utilisée pour des réseaux de chauffage comme ce sera le cas pour la nouvelle installation de l’immeuble Préfecture-Département. Dans un souci de valorisation de l’existant, le groupe de travail se penche également sur l’exploitation de deux forages qui n’ont jamais été utilisés (Lormont-Génicart et le Grand parc).
De cette manière, la géothermie profonde contribuera à atteindre les objectifs du Plan Climat pour diminuer notre impact sur le changement climatique. En outre, l’étude du potentiel de cette ressource sur notre territoire doit permettre d’évaluer le nombre de forages supplémentaires à envisager sans compromettre la ressource en eau. L’offre d’énergie thermique renouvelable que présente la géothermie profonde, moins chère que celle des énergies fossiles, s’inscrit parfaitement dans une démarche globale de développement durable si elle est utilisée pour des logements sociaux par exemple.
Profitant des compétences réunies, le groupe de travail se penche également sur un projet technologique innovant. Le stockage de chaleur inter-saisonnier dans des réservoirs « naturels » d’énergie thermique profonds fonctionne déjà dans plusieurs pays d’Europe du Nord. L’étude d’une opération pilote a été proposée. L’intérêt pour les grands ensembles immobiliers est évident. D’un point de vue plus technique, si l’opération est concluante, la question du stockage intersaisonnier de l’énergie solaire pourra également être envisagée sous cet angle. D’autres pistes d’investigation sont en cours.
De la proche coopération entre le Smegreg et l’ALE sort un groupe de travail très productif d’une vingtaine de partenaires qui s’ouvrira prochainement aux propriétaires et exploitants d’immeubles concernés, à d’autres collectivités. Des contacts sont pris également avec les fabricants de matériels thermiques proposant les « meilleures technologies disponibles », condition essentielle de la réussite de ce projet.